Abstract
Les formes d'urbanisation diffuses contemporaines affectant les
centres urbains, les périphéries et les campagnes
font de ces territoires un nouvel enjeu fondamental du développement
urbain. Ces territoires connaissent des processus de transformation
qui sont largement l'expression du néo-libéralisme
contemporain: éclatement, étalement, disneyification,
gentryficaton, tertairisation, privatisation, etc conduisent à
la conformation d'un espace urbain aux réalités sociales,
économiques et culturelles multiples et nouvelles, mais dont
le caractère ségrégationniste, d'exclusion
et de domination interne et/ou exogène est problématique.
Dans la vision néolibérale, les dynamiques qui affectent
ces transformations spatiales ne s'inscrivent plus à l'intérieur
d'un rapport d'opposition ville - campagne, ou centre - périphérie,
mais à l'intérieur de réseaux à l'échelle
d'un vaste territoire englobant ces réalités. Maints
exemples concrets en attestent, tout autant que les nombreuses théories
qui tentent de saisir et d'expliquer ces phénomènes
ou de les rencontrer du point de vue des pratiques disciplinaires
(la ville générique de R. Koolhaas, la ville diffuse
de M. Weber ou B. Secchi, l'after-sprawl de X. De Geyter, etc).
Une nouvelle fois, les modèles -les théories, les
outils et les pratiques- du Nord (en particulier le Nord américain),
s'imposent au Sud, n'épargnant pas non plus l'Europe.
Sur le continent européen, les modèles dominants
de consommation territoriale, de déqualification des centres
historiques, de mythification de la périphérie et
de la mobilité (de plus en plus problématique), se
substituent aux modèles locaux traditionnels ou modernes
de la ville compacte, de la distinction ville-campagne, pourtant
plus conformes à la notion de développement durable.
Au Sud, les modèles locaux sont également en crise
(après les modèles coloniaux et un bref engouement
post-indépendance pour les traditions locales) et ce sont
les nouveaux modèles du Nord, parmi ceux cités plus
haut, qui sont prônés, voir même interprétés
à partir de situations locales totalement dérégulées
et transformées par la puissance-même d'un développement
néo-libéral forcené (cfr. Lagos proposé
comme modèle urbain à l'ensemble du monde par R. Koolhaas).
Nulle place sérieuse n'est plus faite à la référence
urbaine historique locale, comme les médinas du monde arabe
ou d'autres modèles sino-japonais, entre autres, ou même
à la référence moderniste, comme les multiples
villes nouvelles d'Afrique, d'Amérique latine ou d'Asie (comme
Brasilia ou Chandigarh, par exemple), ni même aux particularités
culturelles et formelles de l'habitat illégal ou irrégulier
susceptibles de constituer des alternatives endogènes.
La domination des modèles néolibéraux contemporains
va même jusqu'à contester la pertinence de champs disciplinaires
comme l'urbanisme (malgré ses multiples formes d'évolution
récentes), au profit de nouvelles "disciplines"
comme le paysagisme (dans le champs " formel "), la bonne
gouvernance ou la gestion participative (dans le champs socio-économique
et politique), dont l'importance est grandissante dans la recherche,
la pratique professionnelle ou l'enseignement.
Notre contribution au Séminaire Naerus consistera à
mettre cette problématique des modèles urbains et
leur critique en évidence, ainsi que d'esquisser une alternative
méthodologique, comme des enjeux culturels fondamentaux du
développement urbain dans le Sud, mais aussi en Europe.
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