N-AERUS Annual Seminar
Paris, 15-17 May 2003


BEYOND THE NEO-LIBERAL CONSENSUS
ON URBAN DEVELOPMENT:
OTHER VOICES FROM EUROPE AND THE SOUTH

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Abderrahmane DIAFAT & Said MADANI
QUELLE DEMARCHE POUR LE DEVELOPPEMENT URBAIN EN ALGERIE ?

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Abstract

L'Algérie a souvent essayé d'être à jour en matière de législation urbaine, tout en copiant d'une manière particulière la législation française, sans se soucier trop des différences entre la réalité des deux pays et le degré de développement économique et social de part et d'autre. Au moment où de nouvelles règles d'urbanisme viennent comme une réponse à une demande sociale et économique réelle en France, en Algérie c'est beaucoup plus une question de "mise à jour". Pour cela, la législation algérienne en matière d'urbanisme se trouve trop en avance, pour ne pas dire en porte-à-faux, par rapport à la réalité du pays.

Ainsi, les théories du néo-libéralisme européen à travers l'expérience française, sont importées en Algérie et au lieu d'améliorer la situation de nos villes, se posent parfois plutôt comme obstacles à la gestion urbaine. L'Algérie doit se tourner vers les mécanismes qui gouvernent les changements dans sa société pour mieux adapter sa législation urbaine même si certaines idées et certaines expériences de l'Europe nous servent comme sources d'inspiration sans qu'elles soient photocopiées intégralement.

Les instruments d'urbanisme tels que le PDAU (Plan de développement et d'aménagement urbain), le POS (Plan d'occupation au sol) ne sont pas de création algérienne bien sûr, toutefois leurs objectifs théoriques ne diffèrent pas tellement de ceux de leurs pays d'origine et leur interprétation dans la réalité n'a rien à voir avec ce que cela a donné en France ou en Belgique par exemple.

A titre d'exemple, la mise en place des Comités d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement bâti de la Wilaya est une structure consultative, représentant l'administration, les élus et la société civile, dont des universitaires, a pour rôle de débattre de toute les questions que lui proposent les municipalités, l'administration ou autre. Cette structure officielle, instaurée par la loi de 1994 sur l'architecture, devait être installée dans toutes les Wilayas (provinces) du pays. Malheureusement, ce n'est pas le cas et même là où elle existe elle est immédiatement mise à l'écart en cas où elle ne se soumet pas aux ordres de l'administration. Le cas de Sétif est édifiant, son comité est mis en veilleuse depuis plus d'une année, depuis qu'il s'est prononcé défavorablement sur un dossier présenté par la Wilaya qui a vu dans cet avis un défi portant atteinte à son autorité.

Ainsi, l'état a officiellement mis en place une bonne partie de l'arsenal juridique qui permet à l'Algérie de s'inscrire pleinement dans la logique de l'économie de marché, mais la mise en œuvre de ces instruments se heurte aux intérêts de certains acteurs (dirigeants et décideurs).

La crise de logement est l'un des défis à surmonter en Algérie depuis l'indépendance en 1962. Les dernières expériences concernant la réalisation de programmes de logements collectifs ont confirmé la nécessité de diversifier les moyens et les outils pour parvenir à satisfaire les différents types de demande sur le logement. De nouveaux mécanismes sont mis en œuvre pour assurer une subvention aux acquéreurs de logements selon leurs revenus et leur apport initial dans le coût du logement. Le secteur public n'est plus seul sur le terrain comme auparavant, le secteur privé s'occupe également de la promotion immobilière, mais reste encore timide car il vise le gain rapide et donc sa production est destinée à la vente et à un prix pas toujours abordables pour les revenus moyens.

Une expérience un peu originale pour faire face à la crise de logements à Sétif mérite d'être présentée dans ce papier. Un "programme d'urgence" de 5000 logements a été lancé en 1995 et un nombre important de petites entreprises de construction ont été créées pour l'occasion. L'objectif politique principal était de réduire cette crise et créer de nouveaux emplois dans le secteur du bâtiment. En fait, ce type d'opération s'est avéré plus apte à respecter et à même réduire les délais de réalisation car une nouvelle possibilité s'est offerte pour utiliser le minimum de moyens et impliquer le plus grand nombre possible parmi les petits entrepreneurs et les artisans.


Mots clés: législation urbaine, urbanisme, logement, économie de marché, acteurs.

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N-AERUS Annual workshop - Paris, 15-17 May 2003

N-AERUS: Network-Association of European Researchers on Urbanisation in the South
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