Abstract
L'Algérie a souvent essayé d'être à
jour en matière de législation urbaine, tout en copiant
d'une manière particulière la législation française,
sans se soucier trop des différences entre la réalité
des deux pays et le degré de développement économique
et social de part et d'autre. Au moment où de nouvelles règles
d'urbanisme viennent comme une réponse à une demande
sociale et économique réelle en France, en Algérie
c'est beaucoup plus une question de "mise à jour".
Pour cela, la législation algérienne en matière
d'urbanisme se trouve trop en avance, pour ne pas dire en porte-à-faux,
par rapport à la réalité du pays.
Ainsi, les théories du néo-libéralisme européen
à travers l'expérience française, sont importées
en Algérie et au lieu d'améliorer la situation de
nos villes, se posent parfois plutôt comme obstacles à
la gestion urbaine. L'Algérie doit se tourner vers les mécanismes
qui gouvernent les changements dans sa société pour
mieux adapter sa législation urbaine même si certaines
idées et certaines expériences de l'Europe nous servent
comme sources d'inspiration sans qu'elles soient photocopiées
intégralement.
Les instruments d'urbanisme tels que le PDAU (Plan de développement
et d'aménagement urbain), le POS (Plan d'occupation au sol)
ne sont pas de création algérienne bien sûr,
toutefois leurs objectifs théoriques ne diffèrent
pas tellement de ceux de leurs pays d'origine et leur interprétation
dans la réalité n'a rien à voir avec ce que
cela a donné en France ou en Belgique par exemple.
A titre d'exemple, la mise en place des Comités d'architecture,
d'urbanisme et de l'environnement bâti de la Wilaya est une
structure consultative, représentant l'administration, les
élus et la société civile, dont des universitaires,
a pour rôle de débattre de toute les questions que
lui proposent les municipalités, l'administration ou autre.
Cette structure officielle, instaurée par la loi de 1994
sur l'architecture, devait être installée dans toutes
les Wilayas (provinces) du pays. Malheureusement, ce n'est pas le
cas et même là où elle existe elle est immédiatement
mise à l'écart en cas où elle ne se soumet
pas aux ordres de l'administration. Le cas de Sétif est édifiant,
son comité est mis en veilleuse depuis plus d'une année,
depuis qu'il s'est prononcé défavorablement sur un
dossier présenté par la Wilaya qui a vu dans cet avis
un défi portant atteinte à son autorité.
Ainsi, l'état a officiellement mis en place une bonne partie
de l'arsenal juridique qui permet à l'Algérie de s'inscrire
pleinement dans la logique de l'économie de marché,
mais la mise en uvre de ces instruments se heurte aux intérêts
de certains acteurs (dirigeants et décideurs).
La crise de logement est l'un des défis à surmonter
en Algérie depuis l'indépendance en 1962. Les dernières
expériences concernant la réalisation de programmes
de logements collectifs ont confirmé la nécessité
de diversifier les moyens et les outils pour parvenir à satisfaire
les différents types de demande sur le logement. De nouveaux
mécanismes sont mis en uvre pour assurer une subvention
aux acquéreurs de logements selon leurs revenus et leur apport
initial dans le coût du logement. Le secteur public n'est
plus seul sur le terrain comme auparavant, le secteur privé
s'occupe également de la promotion immobilière, mais
reste encore timide car il vise le gain rapide et donc sa production
est destinée à la vente et à un prix pas toujours
abordables pour les revenus moyens.
Une expérience un peu originale pour faire face à
la crise de logements à Sétif mérite d'être
présentée dans ce papier. Un "programme d'urgence"
de 5000 logements a été lancé en 1995 et un
nombre important de petites entreprises de construction ont été
créées pour l'occasion. L'objectif politique principal
était de réduire cette crise et créer de nouveaux
emplois dans le secteur du bâtiment. En fait, ce type d'opération
s'est avéré plus apte à respecter et à
même réduire les délais de réalisation
car une nouvelle possibilité s'est offerte pour utiliser
le minimum de moyens et impliquer le plus grand nombre possible
parmi les petits entrepreneurs et les artisans.
Mots clés: législation urbaine, urbanisme, logement,
économie de marché, acteurs.
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