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ESF/N-AERUS International Workshop Leuven and Brussels, Belgium, 23-26 May 2001
COPING WITH INFORMALITY AND ILLEGALITY
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Valérie Clerc
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Face aux quartiers qui sont dans l'illégalité et l'informalité, devant les problèmes posés par la ville qui se fait en marge de l'urbanisme, des lois et des règlements, les acteurs institutionnels qui participent à la conception et à la réalisation des projets d'aménagement sur les zones irrégulières ont des représentations diverses de la situation et des moyens à mettre en ¦uvre pour y faire face. Que cela soit des acteurs politiques ou des acteurs techniques (dans leur rôle de conseil aux décideurs ou dans la réalisation des documents techniques), ils font appel à plusieurs registres de raisonnements dont la combinaison a des répercussions directes sur la façon dont les projets de régularisation de quartiers sont produits. Ces raisonnements s'articulent autour de principes stratégiques (les logiques d'efficacité, les impératifs économiques, les rapports de force politiques à l'intérieur d'un système d'acteurs dont ils font eux-même partie, les stratégies territoriales...) et de principes idéologiques (volonté de projeter en fonction d'un optimum social et spatial, théorie partielle sur le changement social et/ou urbain à promouvoir, modèles urbains...). Ces raisonnements sont diversement reliés à leurs conceptions de la justice et de la légitimité. Ce papier en développe les dimensions légales et foncières.
A Beyrouth, la façon de problématiser et de traiter les zones illégales est liée à la guerre (1975-1990), qui a contribué pour une grande part à la formation de ces quartiers. Dans le cadre de la reconstruction, un grand projet d'aménagement urbain, Élyssar, envisage de restructurer la moitié de la banlieue sud de la capitale, résoudre la question des quartiers irréguliers et intégrer cette banlieue à la ville. L¹un de ses objectifs est de rendre leurs droits aux propriétaires et de reconnaître le leur aux squatters, en grande partie originaires du Liban sud occupé par Israël de 1978 à 2000. Mais la légitimité de ces droits est insuffisante et dans une certaine mesure contestable, notamment du fait que bien des occupants ne sont pas des réfugiés mais des personnes ayant profité de la situation dans le cadre d¹un réseau mafieux. Les négociateurs du projet,qui sont aussi les principales forces qui ont émergé à la sortie de la guerre (représentées par le gouvernement de R.Hariri et par les partis chiites Amal et Hezbollah), font donc référence à d'autres légitimités (le droit à être compensé pour le délaissement par l¹État de cette zone pendant toutes ces années, le droit à la ville, à ses équipements et ses services, l'égalité de traitement des citoyens...). Ils les intègrent, en les articulant, dans leurs raisonnements stratégiques et idéologiques et les utilisent dans la négociation pour inventer, en complément du droit existant, des règles du jeu propres au projet et acceptées par toutes les parties.
N-AERUS: Network-Association of European Researchers on Urbanisation in the South
http://www.naerus.net