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ESF/N-AERUS International Workshop Geneva, Palais des Nations - May 3-6, 2000
CITIES OF THE SOUTH:
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Catherine Baron
Lereps - Université de Toulouse 1
S'interroger sur les recherches qui seraient les plus à même de traiter de la question de l'aide au développement en vue d'assurer un développement durable des villes du sud sur les plans économique et social conduit à analyser les apports des travaux des économistes sur ces questions.
Pour ce faire, il importe, dans un premier temps, de considérer les recherches menées par les économistes en matière d'environnement à travers leurs définitions du développement durable.
Si les débats sur la question même du développement et de sa définition n'ont pas encore été tranchés, on peut désormais souligner aussi l'ambiguïté de l'idée de durabilité, notamment du point de vue des économistes de l'environnement. Cette notion de durabilité peut en effet être déclinée sous différentes formes : on parle de durabilité faible ...ou de durabilité forte, les outils et réponses variant de façon extrême selon l'optique, alors que tous se réfèrent à cette même terminologie de durabilité. Les moyens à mettre en œuvre diffèrent donc, selon que l'objectif s'inscrive dans le cadre de préoccupations essentiellement économiques, ou que l'on considère ces logiques économiques comme devant être imbriquées dans les logiques sociales et culturelles.
Dans un deuxième temps, il convient de souligner que, lorsque l'on accole le qualificatif de "durable" à la ville - ou au développement urbain -, ces mêmes ambiguïtés persistent.
Elles existent tant au niveau théorique que sur le plan des propositions concrètes en matière de régulations urbaines.
Par exemple, pour certains organismes internationaux, la condition d'un développement urbain durable réside dans une "bonne gouvernance" ... d'où la confusion entre durabilité et gouvernance locale. Dans ce cas, " bonne gouvernance " et durabilité sont synonymes de libéralisation, de déréglementation et de valorisation du local dans une perspective de décentralisation des pouvoirs. Les recommandations de la Banque Mondiale pour assurer un développement urbain durable portent essentiellement sur l'adoption d'une gestion urbaine décentralisée avec la mise en place d'instances municipales dans des villes où les modes de régulation diffèrent fortement de ceux de sociétés occidentales où ces modalités de gouvernance ont été forgés.
Il en résulte des conflits de logiques qui peuvent justement entraver la durabilité du développement urbain.
Pour d'autres, l'idée de durabilité appliquée aux villes du Sud a trait à la question des conditions de vie des plus pauvres et aux politiques à mettre en œuvre pour assurer un développement viable pour la majorité, en termes de logement, d'hygiène, d'accessibilité aux infrastructures et services.
Cependant, le traitement d'une telle question est complexe car il suppose la prise en compte des conditions tout à fait particulières des modalités de développement au Sud, où les activités informelles occupent une place prépondérante et permettent de pallier les carences en matière de logement, etc. Or, si l'informel peut être parfois perçu comme un lieu d'initiatives innovantes, favorisant selon des modalités particulières l'intégration urbaine de personnes, notamment à travers des réseaux sociaux dynamiques, des études montrent que de nombreuses activités exercées dans ce secteur sont nocives pour les écosystèmes. Comment tenir compte des impacts à la fois positifs sur le plan socio-économique et négatifs sur le plan écologique d'activités informelles en forte croissance dans les villes du Sud ? Cette question renvoie à celle plus globale de l'identification des conflits et complémentarités entre logiques économiques, écologiques et sociales à la base de la réflexion sur un développement urbain durable.
N-AERUS: Network-Association of European Researchers on Urbanisation in the South
http://www.naerus.net