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Venice - March 11-12 1999

Concepts and Paradigms of Urban Management
in the Context of Developing Countries
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Marc Gossé (Institut Supérieur d'Architecture La Cambre, Bruxelles)

"Problemes Conceptuels du Developpement Urbain"


Introduction

Plutôt que de se livrer à une analyse généalogique et critique (par ailleurs bien nécessaire et à laquelle se livreront de nombreux intervenants à cette session de travail vénicienne) du vocabulaire dominant des agences internationales de coopération au développement (Système des Nations Unies, Banque Mondiale, Bureau International du Travail, Union Européenne....) concernant les faits urbains, comme la "durabilité"(1) , la "bonne gouvernance", la "participation publique", la "sécurité foncière" ou la "replicabilité", dont les traductions en différentes langues montrent d'emblée le flou conceptuel, nous aborderons quant à nous une réflexion sur les enjeux que représentent les "théories" ou "paradigmes" véhiculés par le monde des architectes et des urbanistes, et auxquels les spécialistes des problèmes urbains relatifs aux pays du Tiers-Monde ne semblent accorder aucune importance.

Serait-ce que les praticiens de la coopération au développement -et les praticiens autochtones du développement tout court- considèrent que ces démarches n'ont aucun impact et donc aucun intérêt pour leur pratique et pour affronter les problèmes posés? Comme si en quelque sorte, le monde de l'architecture et de l'urbanisme en général était scindé en deux ensembles étanches, l'un valant pour celui des pays "développés", l'autre pour celui des "sous-développés". Position étrange à l'heure de la mondialisation -qui ne peut manquer d'influer sur les contextualités locales- et dangereuse si cela sous-entendait que le monde développé, avec ses conceptions et ses méthodes de gestion urbaine, détenait toujours le modèle universel, à appliquer sans état d'âme "urbi et orbi".

"La plupart des oeuvres humaines que nous avons l'habitude de considérer comme universelles -droit, science, art, morale, religion, etc - sont indissociables du point de vue scolastique et des conditions économiques et sociales qui le rendent posssible et qui n'ont rien d'universel. Elles sont engendrées dans ces univers sociaux très particuliers que sont les champs de production culturelle (champ juridique, champ scientifique, champ artistique, champ philosophique, etc) et dans lesquels sont engagés des agents ayant en commun le privilège de lutter pour le monopole de l'universel et de contribuer ainsi à faire avancer, peu ou prou, des vérités et des valeurs qui sont tenues, à chaque moment, pour universelles, voire éternelles"(4).

Les paradigmes, les concepts, les théories, les méthodes et les termes utilisés pour décrire, expliquer, agir sur la réalité urbaine -comme sur d'autres réalités- appartiennent à des systèmes de pensée, des idéologies culturellement structurées: ils correspondent à des visions du monde localisées dans l'espace et dans le temps.

Qu'ils relèvent de l'imaginaire ou de la réflexion scientifique et technique, les outils de l'architecture ou de l'urbanisme renvoient à la problématique des modèles, car toute tentative d'expliquer ou d'exprimer le réel est modélisation, tout projet est modélisation du "vécu spatial".

Dans le processus de création architecturale ou urbanistique, cette modélisation peut être endogène, issue de la tradition locale, ou exogène, due à l'influence d'une culture extérieure (comme l'architecture coloniale d'un Laprade ou l'urbanisme d'un Prost), ou puisée dans le "musée imaginaire" et universel de l'architecture. Le modernisme se singularise encore par rapport à ces approches. La démarche moderniste réfute le recours à la tradition, à la référence historique, pour lui préférer la recherche de l'innovation par le biais de l'imagination et de la raison "pure". Or la raison ne peut rejeter l'historicité du réel et l'imagination est alors sollicitée pour transcender la réalité. On sait cependant que les mécanismes de l'imaginaire -apparemment plus libres- reposent sur une manipulation du réel, au moins aussi référentielle que celle de la raison (2) .

On peut donc dire sans se tromper que les concepts véhiculés et mis en avant actuellement dans le domaine urbain par les agences internationales sont culturellement conditionnés par la pensée et la discipline dominante (l'économie), que E. Swyngedouw (3) appelle le "marketstalinisme". Le concept de "développement durable" n'échappe lui-même pas à cette récupération économiciste, puisqu'il est de plus en plus souvent remplacé par celui de "croissance durable" et que la notion de "capital naturel" entre dans les calculs économiques. L'omniprésence culturelle du "marché", comme mode de structuration de la pensée, autant que comme théorie de l'économie, a amené des architectes à penser la ville entièrement en ces termes. Pierre Bourdieu lui-même n'y échappe pas à propos de sa théorie du "marché des biens symboliques"(4) .

Nous nous attarderons sur les derniers concepts des urbanistes et architectes de l'ère de la métropolisation urbaine, confrontés à la globalisation-mondialisation et à la rupture d'échelle territoriale que constitue l'urbanisation généralisée (même du rural ou "rurbain", si on y pense en termes de modèle culturel) du monde contemporain. Bernardo Secchi qualifie la ville métropolitaine contemporaine de "citta diffusa", en acceptant lui aussi la main invisible du marché, étendu aux individus, comme système structurant de la nouvelle urbanité. Nous montrerons qu'on ne peut affronter les mutations urbaines actuelles, et le fait urbain dans sa globalité, seulement en termes de processus et que la notion de projet reste indispensable, par rapport aux enjeux du développement urbain.

Generic city, ou l'apologie du sous-développement:

La globalisation-mondialisation dont tout le monde parle et que chacun peut observer dans sa vie quotidienne peut être chiffrée (6):

"Chaque jour, quelque 1500 milliards de dollars sont échangés sur les marchés financiers, déconnectés de l'économie réelle. Ce volume correspond au total de la dette à long terme de tous les pays du tiers monde et à 30 fois ce que le monde entier dépense annuellement pour la coopération au développement.

Il y a une vingtaine d'années, les transactions d'échanges de monnaies étaient à 80% en relation avec l'économie réelle et servaient à financer les investissements et le commerce. Il restait 20% de transactions spéculatives. Aujourd'hui, elles sont spéculatives à 97% et ne servent pratiquement plus du tout à financer les besoins du commerce.

La gestion urbaine, l'aménagement du territoire (le "ménagement" du territoire, devrait-on dire après Th.Paquot), l'architecture sont-ils à l'abri de ces menaces, des conséquences du système mondialisé, d'une "pensée urbanistique unique"? Certainement pas.

Il y a aujourd'hui près de 2 milliards de sans-abris ou de mal logés (on devrait dire de "non-habitants" au sens Heideggerien du terme) sur une population planétaire de 6 millards. Pendant ce temps, l'homme du "cyberespace" -rendu possible par la révolution informatique- dispose de plusieurs résidences (spatiales et temporelles) et est en train de transformer la ville en parcours touristiques. On sait que ceux-ci évitent soigneusement la ville réelle ou certains de ses quartiers, souvent majoritaires.

Au regard de cette dualisation, cette ségrégation, les Etats, les Pouvoirs publics du libéralisme triomphant ont perdu sinon abandonné toute capacité de juguler les délocalisations des entreprises, les spéculations financières et foncières, d'organiser la justice distributive des emplois et des revenus, du logement et des équipements urbains.

Avec la mondialisation, la dualisation des sociétés et l'exclusion sous toutes ses facettes atteignent l'échelle planétaire. Le développement s'est inversé.

"Aujourd'hui les diverses pensées uniques se gargarisent de termes évoquant l'élargissement à travers les notions interchandeables de globalisation et de mondialisation , mais la vérité de la vie économique est la contraction, la peur de perdre ce qui existe. L'individu rétréci par l'implosition des croyances collectives ne cherche pas à gagner plus mais à perdre moins que les autres. Le mécanisme fondamental qui anime les pays développés est celui de la mise à l'abri. Les entreprises veulent survivre plutôt que de conquérir ou bâtir." (5)

La mondialisation est bien là, mais pas toujours là où on l'attend: ce n'est pas la richesse, la diffusion des nouvelles technologies ou des capitaux qui sont les plus partagés, c'est la misère urbaine, les technologies de la débrouille (le secteur informel) qui se mondialisent, touchant jusqu'au coeur des métropoles modernes du monde entier. C'est le modèle de Mexico, Rio ou Calcuta qui se mondialise.

En cela R. Koolhaas (architecte hollandais, issu du mouvement "déconstructiviste", auteur de Eurolille, co-auteur du livre SMLXL, Monacelli Press New York 1995, véritable manifeste d'urbanisme comparable à "Quand les cathédrales étaient blanches" de Le Corbusier) vise juste: Mexico est l'archétype de sa "ville générique".

Sa "ville générique" est une ville caractérisée par la disparition de l'"identité" et par la "bigness".

"Le générique est ce qui reste après avoir éliminé l'identité" (SMLXL p1248). L'identité est constituée pour Koolhaas par l'histoire, matérialisée par le patrimoine des villes. Les "centres historiques" sont considérés comme de simples reliquats dévolus au tourisme, noyés comme des vestiges inutiles dans leurs périphéries. C'est la périphérie, le "résiduel", qui est érigé en "vraie ville", libérée de son asservissement au centre et à son influence identitaire. La "ville générique" n'a pas d'identité, elle est internationale, utilitaire, sans histoire. Elle est éphémère: "elle peut se refaire une identité tous les lundis matin" (ibid p1250). Ses composantes sont caractérisées par leur taille, par la "Bigness" et sa structure par la "congestion". "Seule la Bigness aborde le régime de la complexité qui mobilise la pleine intelligence de l'architecture" (SMLXL p497). C'est la position diamétralement opposée à la démarche du "small is beautiful" qui sous-tend toute la stratégie de développement à coup de "micro-projets", contre la "bigness" des "éléphants blancs". La rupture de la Bigness avec le tissu urbain fait d'un continum de petites opérations est radicale: "Bigness fuck context "(ibid. p502). La Bigness ne tolère au mieux qu'une coexistence avec la ville traditionnelle, autrement elle la remplace, la nie, elle est à elle seule la ville.

Il y a d'évidence chez cet architecte très médiatique, une capacité de décrire une partie de la réalité urbaine contemporaine, du processus qui se déroule sous nos yeux. Mais chez Koolhaas, contradictions et tensions se résolvent dans une médiocrité planétaire (il en fait l'apologie), dans la mort annoncée de la ville et de l'architecture : la "ville générique" est l'avènement de la forme néo-libérale parfaite, une ville sans histoire et sans territoire, entièrement soumise aux mouvements des informations et des capitaux, une ville sans habitants, une absence, un vide, une fin ("La ville n'est plus. Maintenant on peut quitter la salle" R.K. in SMLXL).

Koolhaas a sur les nouvelles générations d'architectes une influence énorme, qui relève de la fascination plutôt que de l'argumentation. La "ville générique" de Koolhaas est une utopie cynique, ironique, qui (selon ses propres mots) "perpétue sa propre amnésie", au pouvoir autoritaire et invisible, "réconciliant la pratique de l'architecture et la pratique de la panique"(sic), témoignant de "la mort définitive de la planification" ... Il en accepte le caractère dual (les riches -les "légaux" dit-il- dans les gratte-ciel et les aéroports, les pauvres -les "illégaux"- dans les nappes des bidonvilles).

Ce que fait Koolhaas avec un succès certain auprès de responsables politiques comme du milieu des architectes, loin des timides concepts de "durabilité", de "participation" ou de "soulagement de la pauvreté", c'est non seulement de constater l'exclusion, la violence, la contradiction, la ségrégation et la pauvreté urbaines, mais de les utiliser, de les conceptualiser aux fins de construire un discours pédant, cynique, provocateur, une esthétique de la dérision, conduisant à les accepter comme "naturels", inhérents à l'urbanité, à l'humanité et même à les instituer hypocritement comme des instruments de planification, principes générateurs de formes et hypothèses de projets.

La "ville générique" est la reconnaissance, la préhéminence de la banalité, du médiocre généralisé, la validation du laisser-faire, de la politique du pire, la logique de processus anonymes, spontanés et inéluctables comme une biogénétique déboussolée: generic city, c'est l'appologie du sous-développement, l'anti-thèse du développement, tel que l'entendait H. Lefebvre (une diversification qualitative).

Pour Koolhaas et ses émules, la ville n'est plus question de conception, mais de gestion; elle n'est plus projet mais processus; et surtout elle n'a plus de forme (celle-ci est "libre"): elle est seulement manifestations virtuelles de tensions et de contradictions socio-économiques fuyantes.

Sommes-nous suffisamment éloignés de cette vision, avec nos concepts de "durabilité" , de "bonne gouvernance", de "participation publique", de "sécurité foncière" ou de "replicabilité"?

Le cynisme en moins, ne sommes-nous pas des frères jumeaux de Koolhaas, élevés au biberon du "marketstalinisme" et d'une "pensée urbaine unique", qui n'a que faire du territoire, de la forme urbaine, de la culture?

Processus ou projets?

Notre structure mentale rationnaliste nous invite à penser la ville (comme le monde) en termes de procédures, de processus où les transformations et la croissance urbaines se réalisent par une succession logique (parfois difficile à identifier) d'étapes ou d'états dérivant les uns des autres. La description pertinente de ces processus donnerait la clef d'une intervention efficace et pertinente sur le devenir de la ville.

C'est également la pensée procédurale qui a inspiré le développement logiciel de l'informatique jusqu'à ces dernières années. Mais les informaticiens d'aujourd'hui abandonnent progressivement cette méthode au profit des "systèmes-objets" complexes mis en relations (ouvertes) entre eux. La réalité ainsi figurée n'est plus le résultat d'une procédure linéaire et binaire, mais celui d'une capacité à saisir globalement et dans l'espace une architecture, une configuration dont les rapports avec son environnement ne sont pas pré-définis, mais potentiels.

La ville contemporaine, telle que décrite par B. Secchi ("Citta diffusa"), système urbain diffus sur un territoire élargi (son étude porte sur l'ensemble Milan-Turin), est également un ensemble, dont la logique ne peut plus être de type continu (ou discontinu) -sous forme de processus-, mais qui fonctionne comme un réseau de "systèmes-objets" interdépendants. La ville traditionnelle elle-même n'a été qu'une sédimentation historique substitutive de "projets" qui ont transformé le territoire et le système urbain par parties, sans jamais annuler ou effacer complètement son héritage antérieur.

Or la ville est culturelle -voulue par l'homme, projet et somme de projets humains- bien qu'elle puisse paraître comme le note Le Clézio comme une deuxième nature, "une jungle", ou que l'architecture soit parfois définie comme la "vraie nature" de l'homme (comme le prétend Alberti). Cette attitude finira par éloigner la conscience chez l'homme de la différence entre culture et nature, entre projet et contexte. Pour cette raison -pour éviter que le projet ne soit que le prolongement de l'analyse ou sa négation (la "page blanche" moderniste), nous proposons de refuser la séparation méthodologique de l'analyse et du projet. Ce que nous appelons "analyse projectuelle" propose une relation dialectique entre contexte et projet.

L'analyse projectuelle doit envisager, pour décrire et agir sur une ville les structures suivantes:

1. Structure fonctionnelle, de résidence, de mobilité, d'équipement 2. Structure socio-économique, démographique 3. Structure psycho-symbolique, culturelle 4. Structure spatio-physique (morphologies et typologies) 5. Structure écologique et paysagière 6. Structure de décision politique, participative et institutionnelle.

Nous appellerons ces structures des systèmes-objets complexes (par analogie avec les méthodes informatiques) à mettre en relation les uns avec les autres dans un système-monde ouvert.

Au regard du phénomène de "prothéisation" de l'architecture que redoute F. Choay, qui s'interroge avec raison sur le bouleversement anthropologique que constituerait une soumission de l'architecture à la logique des processus et des réseaux de communication et la disparition de toute contextualisation territoriale (la "présence au monde" que souligne Th. Paquot à propos de l'"habiter"), nous voulons préciser que la contextualisation que nous proposons ne doit pas être comprise comme une contrainte, mais comme le projet lui-même, l'introduction d'une différence par rapport à la globalisation-mondialisation, un véritable projet de développement.

Envisager la ville comme un processus ne permet pas d'en contester le modèle: la figure du modèle n'affleure jamais à la surface des processus éphémères, changeants, imperceptibles. Le processus dispense de penser la forme -l'architecture- de la ville; le projet y oblige.

Après les échecs des modèles centralisés, une créativité certaine est indispensable pour faire contre-poids à la domination du modèle néo-libéral, de sa "pensée unique", de ses formes néo-urbaines (comme "generic city").

Ce modèle est en effet en train de montrer ses limites et ses effets néfastes, contraires au développement, en Asie, en Amérique latine, en Afrique, en Russie et finalement aussi aux USA et en Europe.

Il nous faut chercher d'autres modèles, endogènes, "glocaux" comme les définit Edgar Morin (de "global" et "local") qui réhabiliteraient l'idée de citoyenneté liée à l'histoire des villes et la notion d'urbanité, au sens de politesse urbaine. A ces qualités correspondent certainement des formes urbaines civilisées, différentiées, partagées et des projets.

Conclusion

Il est certain que la ville a changé de nature, au point que certains en contestent jusqu'au nom: on parle désormais d'urbanisation, de fait urbain, d'urbanité plutôt que de ville. Ce que Koolhass appelle "Generic city", Secchi "Citta diffusa" est un processus d'urbanisation diffus, sans identité, une ville "par défaut", comme le dit JP. Pouchous(7) . Produit de la mondialisation ultime des marchés et d'une civilisation de l'individu mettant en application sa "rationnalité" économique égoïste, cette ville s'est écartée dangereusement des principes fondateurs de la ville, de la "cité", c'est à dire de la citoyenneté, de la solidarité sociale, de l'invention de "l'espace public", au sens philosophique comme au sens territorial.

S'il est vrai que l'urbanisation dans le Tiers-Monde a les caractéristiques de cette "ville sans nom" et que nous ayons revendiqué, vu son caractère majoritaire de périphéries bidonvillesques, de la prendre en compte prioritairement pour la conception et la gestion urbaine (contribuant à inventer les concepts correspondants, avec les agences internationales dont nous mettons souvent en doute la politique et l'idéologie), nous devons nous garder de tomber dans le piège de les conceptualiser en acceptant comme une fatalité leur modèle de référence -le "marché"- dont la forme disparaitrait sous l'anonymat de processus adaptatifs peut-être efficaces à court terme du point de vue individuel, mais suicidaires du point de vue collectif à long terme, dans la durée historique.


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