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International workshop
Venice - March 11-12 1999
Concepts and Paradigms of Urban Management
in the Context of Developing Countries
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Jean-Francois Tribillon
(University of Kent at Canterbury)
"Decentralisation, local government and governance. A european perspective"
1. NOTE DU 24/12/98
On peut entrer dans la problématique en commençant par dire que :
1 la ville est le produit de l'activité des producteurs (en fait ceux qui la produisent et ceux qui la font fonctionner: des gens qui consomment de l'eau en tirant la chasse jusqu'aux investisseurs et entrepreneurs de tous poils, y compris les responsables des services et des administrations chargés de la scolarisation, de l'hygiène publique etc...)
2 un certain type d'institutions se posent comme autorités en charge de l'organisation (la distinction entre les producteurs et les organisateurs me semble pédagogiquement plus forte qu'on ne le crois) de cette production; à ce propos je distinguerais volontiers plusieurs modèles de référence portés par
- ceux qui projettent l'organisation de leur territoire par le moyen d'un plan ou d'un dessin à partir duquel sont prononcées les allocations foncières, financières, spatiales, fonctionnelles... les producteurs tenant leurs droits territoriaux et leurs obligations de mission du plan ou du dessin ( modèle de la planification dure, y compris coloniale et pionnière, y compris les villes nouvelles après les grands ensembles);
- ceux qui se contentent d'édicter des règles du jeu assez sommaires et de les opposer aux initiatives des producteurs en se gardant de troubler le libre jeu de leurs intérêts, en se disant que fondamentalement la qualité d'une ville est le produit d'une bonne économie (modèle de la régulation légère sur base territoriale, ou modèle de la régulation territoriale, la concentration urbaine nécessitant des mesures tendant à la maximalisation des économies d'échelles ou autres et à la minimalisation des déséconomies engendrés par l'encombrement, la pauvreté, la rareté foncière, la mauvaise gouvernance...);
- ceux qui pensent leur ville comme cité (au sens presque athénien du terme, ce qui comprend donc tout projet politique, qui peut être conservateur ou novateur: socialisme municipal, Savonarole, la commune de Paris, la Genève de Calvin) s'inscrivant comme localité (quelque chose de spécifique comme endroit, comme lieu...) s'inscrivant aussi dans une pensée de l'historicité ou au moins de la patrimonialité; cette tension entre la cité, le local et le patrimonial me semble être au coeur du système municipal européen, ce qui ne l'empêche pas de recourir à des techniques de planification et de régulation (ce troisième modèle serait celui de la municipalité européenne)
2. NOTE DU 24/01/99
Je continue à penser qu'il importe pour Venise de garder présent à l'esprit ou même de présenter une sorte de cartographie des grands modèles de gestion urbaine. Ce qui nous permettra sans doute de situer donc de clarifier ce que l'Europe ou les Européens proposent et ce que les gens du tiers monde demandent.
J'en suis venu à repérer:
1° deux grands modèles fondateurs de gestion urbaine qui sont fondés sur deux conceptions politiques et économiques différentes de la ville à gérer, d'une part la ville-marché et d'autre part la ville-cité, plus
spécifiquement européenne;
2° plus quelques "postures" spécifiques qui tiennent à :
- l'histoire de l'appareil de gestion urbaine;
- aux relations de cet appareil avec l'Etat;
- aux tâches qu'il a à accomplir;
- au niveau de peuplement des villes à administrer;
- aux moyens et ressources (villes pauvres et villes riches).
Je distinguerais en conséquence :
1° les deux modèles fondateurs :
- le modèle de gestion qui considère la ville comme un ensemble de marchés justiciables d'une simple régulation fondée sur des considérations urbanistico-territoriales;
- le modèle qui gère la ville comme un projet de cité dont la municipalité est le "patron".
2° ensuite les "postures" suivantes :
- la gestion des villes en formation, pionnières, coloniales, en cours d'urbanisation, nouvelles... chaque fois que la dynamique de projet ou de chantier s'impose;
- celle des villes métropolitaines formées de plusieurs villes dans la ville et nécessitant une administration spécifique;
- les villes-Etat.
- les villes riches, les villes pauvres dans les pays riches, les villes du tiers monde;
- les villes petites (moins de 100000 habitants), les villes millionnaires et celles qui se situent entre ces deux extrémités.
POST SCRIPTUM
Je ne sais pas où il faut rajouter le mode de gestion que l'on peut appeler la gestion en fonction des craquements, le gestionnaire ne réagissant qu'aux signes avant-coureurs, annonciateurs de catastrophes, pour en limiter l'ampleur et pour les réparer en toute hâte :
- par exemple le gouvernement marocain en face des émeutes de la faim de Casa;
- par exemple le gouvernement des USA au moment des dernières émeutes raciales;
- par exemple Mexico dans les années 70 - 80
- par exemple Kinshasa quand on ne peut plus parcourir les cinquante kilomètres qui séparent un bout de la ville à l'autre.
Au lieu de vouloir construire quelque chose, d'opérer préventivement on attend que ça coince ou que çà craque pour agir. Gus a toujours opposé l'espèce de pragmatisme attentiste mais résolu en cas de catastrophe des USA avec les efforts de la France pour construire la cité, dans une perspective principalement préventive. En tout cas, les deux styles se différencient nettement quand il s'agit d'urbanisme : on peut très nettement distinguer un urbanisme de la prévention et un urbanisme de la guérison, un urbanisme curatif.
J-F. TRIBILLON
International workshop - Venice - March 11-12 1999
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