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Venice - March 11-12 1999

Concepts and Paradigms of Urban Management
in the Context of Developing Countries
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Eric Huybrechts (CERMOC, Centre d'Etudes et de Recherche sur le Moyen Orient Contemporain, Beyrouth, Liban)

"Urban management issues in developing countries: driving role or hegemony of the World Bank and the United Nations organisations? What room for other approaches?"
(contribution to Workshop 2)


La reconstruction du Liban revêt un caractère exceptionnel intéressant à analyser dans le cadre d'une réflexion sur le redéveloppement urbain. Moment privilégié de transformation de la ville, la reconstruction est à l'image des croisement de modèles que portent les acteurs principaux du développement de cette période. Les formes d'actions sont très diverses mais en grande partie orientées par le cadre législatif et réglementaire existant, la structure politique, financière et administrative. Les grandes opérations d'aménagement urbains, les grands projets d'infrastructures et les grands équipements sont à ce titre significatifs des volontés les plus affirmées d'agir sur les espaces.

Le rôle des organisations internationales est à la fois important et relativement modeste. L'analyse de leurs objectifs et méthodes se confrontent aux structures en place, si bien que leur efficacité dans l'action est souvent bien en déca des objectifs annoncés.

Par ailleurs, la reconstruction engagée depuis 8 ans a porté sur de nombreux projets d'envergure dans lesquels les organisations internationales ont eu une action très secondaire (centre-ville de Beyrouth) Enfin, les configurations d'acteurs sur les grandes opérations d'aménagement urbain montrent une très grande diversité qui remet d'elle-même en cause une vision trop schématique d'un modèle imposé. Par exemple, la volonté des développer des projets en BOT pour des aménagements urbains (zones franches, centre de conférences internationales, autoroutes) n'a été que très faiblement mise en oeuvre, malgré un gouvernement très libéral, faute de garanties suffisantes apportées par l'Etat au secteur privé. La prise en compte de principes du développement durable sont mis en oeuvre très lentement, malgré une pression des ONG, les acteurs politiques cherchant à conserver leur contrôle sur des marchés traditionnel d'équipement et fonciers. Si les organisations internationales et la coopération bilatérale impose bien la prise en compte d'objectifs supra nationaux (développement durable) ou généraux (participation de la population par exemple), conditionnant ainsi l'accessibilité à des financements, leur mise en oeuvre répond à des logiques de politiques locales dans lesquelles ces organismes agissent de façon très cadrée par les acteurs locaux ou nationaux. Ainsi, des projets financés par ces organismes n'atteignent-ils que rarement leurs objectifs, même sur le long terme. Ainsi dans l'aménagement urbain, le rôle des organismes internationaux paraît ni hégémonique, ni orienteur. Ils sont utilisés par les acteurs locaux pour obtenir les financements nécessaires à leurs projets répondant à des logiques de contrôle et de captation des financement bien rodées. Une des difficultés pour imposer leurs vues réside entre autre dans l'incapacité des structures publiques à dépenser rapidement l'argent prêté, faute de capacité dans le pilotage des opérations : cela limite la pression que pourrait exercé un bailleur de fond. La réalité de la reconstruction montre aussi que le redéveloppement de la métropole se fait bien au-delà des orientations de ces organismes, bien que ceux-ci impose un discours. En effet, la durée des opérations d'aménagement urbain vont bien au-delà des objectifs définis dans les projets des organisations internationales (financements de courte et moyenne durée). Les politiques menées ne peuvent l'être au gré d'acteurs extérieurs. Les contraintes locales et les dynamiques du développement de la ville suivent des logiques ancrées dans les politiques et pratiques urbaines établies depuis des décennies bien qu'avec des inflexions. Ainsi, les projets de grands équipements et infrastructures (agrandissement du port et de l'aéroport, périphérique…) ont été défini avant la guerre, il y a plus de trente ans. Si la guerre a permis l'émergence de nouveaux projets, les logiques de redéveloppement urbain ne sont pas remis en cause dans l'après-guerre. La réglementation urbaine a elle aussi été établie dans les années 1960 et modifiée dans les années 1970. Elle est toujours en vigueur, malgré des irrégularités somme toute mineure par rapport à la croissance urbaine.

Les organisations internationales s'inscrivent plus qu'elles n'imposent leurs vues, bien que les pays demandeurs utilisent leurs discours pour capter leurs financements.


International workshop - Venice - March 11-12 1999
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